Les AUBERT entrent dans l’histoire de La Castille avec Lazarine BONNEFOY veuve AUBERT, qui achète le domaine aux SELLE en 1831. Issue d’une famille de faĂŻenciers de Marseille, Lazarine (1788-1842) avait Ă©pousĂ© en 1810 Charles Marie AUBERT (1771-1824), propriĂ©taire, descendant de nĂ©gociants de La Bastide-des-Jourdans (84). C’est leur fils Charles François (1814-1875) qui semble s’ĂŞtre vĂ©ritablement installĂ© Ă La Castille oĂą il vivra avec sa femme Marie Suzanne CHABRAND (1822-1906), originaire de Saint-RĂ©my de Provence, et leurs enfants.
Les origines lyonnaises attribuĂ©es Ă tort Ă cette famille authentiquement provençale s’expliquent Ă la gĂ©nĂ©ration suivante oĂą FrĂ©dĂ©ric AUBERT, nĂ© en 1854 Ă La Castille, suit une partie de sa scolaritĂ© et rĂ©side pĂ©riodiquement Ă Lyon. ReprĂ©sentatif du catholicisme social de l’Ă©poque, FrĂ©dĂ©ric se montre d’autant plus sensible au sort des pauvres qu’il est fortunĂ©. Encore jeune homme, il est notamment chargĂ© par Don Bosco de collecter des fonds pour ses oeuvres romaines et une tradition persistante tient que le saint prĂŞtre italien vint Ă plusieurs reprises Ă La Castille [1]. Le 10 janvier 1887, il Ă©pouse Ă Lyon Berthe GIRAUD de VILLECHAISE (1862-1942), issue d’une famille de nĂ©gociants et d’aristocrates, qui donne naissance Ă leur premier enfant, Yvonne, le 2 novembre suivant.
NĂ©e le jour des Morts, la petite marque très tĂ´t son entourage par sa grande dĂ©votion aux âmes du Purgatoire. Très attachĂ©e Ă La Castille oĂą elle passe ses premières annĂ©es, Yvonne entre Ă l’Ă©cole des Soeurs du SacrĂ©-Coeur Ă Lyon oĂą elle meurt d’une rougeole fulgurante en 1901. Son ancienne prĂ©ceptrice de Provence nous a laissĂ© une monographie Ă son Ă©loge que le R. P. Victor JouĂ«t, fondateur Ă Rome du MusĂ©e des Ă‚mes du Purgatoire, agrĂ©menta d’un poème de sa composition en l’honneur de la dĂ©funte qu’il dĂ» connaĂ®tre et apprĂ©cier.
Le second enfant de FrĂ©dĂ©ric et Berthe AUBERT, Charles, nĂ© en 1892, fut probablement marquĂ© par la piĂ©tĂ© et la mort Ă©difiantes de sa soeur Yvonne. Il vĂ©cut avec ses parents essentiellement Ă Lyon oĂą il s’Ă©teignit Ă son tour en 1921 d’une grippe fulgurante. RestĂ© cĂ©libataire Ă l’approche de la trentaine et ne s’Ă©tant pas Ă©tabli Ă La Castille dont il Ă©tait le seul hĂ©ritier, Charles pensait faire de ce domaine un « lieu de prières », probablement au profit d’une communautĂ© religieuse oĂą il serait peut-ĂŞtre rentrĂ©. C’est pourquoi ses parents se rapprochèrent Ă sa mort de Dom CHAUTARD, Père AbbĂ© de l’abbaye de Sept-Fons, mais celui-ci n’avait pas les effectifs suffisants pour fonder. FrĂ©dĂ©ric et Berthe AUBERT proposèrent alors La Castille Ă l’Ă©vĂŞque de FrĂ©jus, Monseigneur FĂ©lix Guillibert (1842-1926), afin d’y accueillir principalement le Grand SĂ©minaire qui avait Ă©tĂ© expropriĂ© en 1906 par la sĂ©paration de l’Eglise et de l’Etat.
[1] Cf. la bĂ©nĂ©diction Ă La Castille d’un portrait de don Bosco donnĂ© par La Navarre, dans Semaine Religieuse 1934, n° 25, 23 juin, p. 351
Publié dans
Partager cet article
Ă€ la une
Un prochain documentaire sur les reliques de sainte Marie-Madeleine : l’AbbĂ© Morin invitĂ© de RCF Près de chez vous
RedĂ©couverte de l’autel majeur du Grand SĂ©minaire
JournĂ©es d’Ă©tude « La plante patrimoine : Quel usage dans les jardins de Provence ? »
Enrichir la mémoire commune
Participer et devenir bénévole
Nous avons besoin de vos talents
Merci pour votre générosité