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Processions traditionnelles de la Sainte Baume

Depuis une quinzaine d’annĂ©es, suite Ă  la fabrication par le Diocèse d’un reliquaire de voyage laissĂ© depuis Ă  la disposition des Frères Dominicains, les dĂ©vĂ´ts de sainte Marie-Madeleine sont habituĂ©s Ă  voir une des principales reliques de l’ApĂ´tre des ApĂ´tres descendre de la grotte de la Sainte Baume pour les rejoindre sur le plateau de l’hĂ´tellerie. Or, telle ne semble pas avoir Ă©tĂ© la forme traditionnelle des processions de la Sainte Baume comme en tĂ©moignent les archives du dĂ©but du XXe.

Les pèlerinages à la Sainte Baume commençaient dès les beaux jours comme en 1938 (Semaine Religieuse 1938, n° 27, 2 juillet, p. 412-413) où paroisses, familles, pèlerins individuels, mais aussi scouts, J.O.C. et autres groupements de Fréjus, Nice ou Marseille, envahirent la grotte dès les premiers jours de mai en rivalisant de ferveur.

Les processions les plus importantes n’en demeuraient pas moins celles de la Sainte Marie-Madeleine, cĂ©lĂ©brĂ©e sur deux voire trois jours. L’apothĂ©ose avait lieu le 22 juillet marquĂ© par trois grandes processions, dont une accompagnant le Très Saint Sacrement, qui convergeaient dans la montĂ©e Ă  la grotte oĂą Ă©tait cĂ©lĂ©brĂ©e une messe pontificale. Ainsi le rĂ©cit de la Sainte Marie-Madeleine Ă  la Sainte Baume le 22 juillet 1942 (Semaine Religieuse 1942, n° 31, 08 aoĂ»t, p. 265-266) :

Le 22 Juillet, fĂŞte de Sainte Marie-Madeleine une grande procession s’organisa après la messe de communion, les cortèges se formèrent : l’un aux Trois chĂŞnes, l’autre Ă  Giniez groupant la paroisse du Plan d’Aups, la troisième Ă  l’hĂ´tellerie accompagnant le Saint-Sacrement et suivi par Monseigneur [Gaudel]. Les trois cortèges s’Ă©branlèrent Ă  la mĂŞme heure, le signal Ă©tant donnĂ© par la cloche de la Grotte.

Les chants et les Ave se firent bientĂ´t Ă©cho dans toute la forĂŞt devenue comme un temple de verdure. A la canopĂ©e, les trois cortèges se rĂ©unirent, le Saint-Sacrement dĂ©posĂ© sur un rocher comme sur un autel naturel, tout le peuple assis au pied du Christ. Alors s’Ă©leva la voix chaude et remplie de bonhomie de M. le chanoine Bonifay, archiprĂŞtre de Brignoles qui dans la langue de ses ancĂŞtres apprit Ă  ses ouailles l’attitude qu’elles devaient avoir en des temps aussi troublĂ©s que le nĂ´tre. Il demanda aux jeunes de faire revivre la race provençale avec toutes ses qualitĂ©s chrĂ©tiennes.  De la canopĂ©e Ă  la Grotte, il n’y eut plus qu’un seul cortège immense, dont la tĂŞte atteignait le sanctuaire alors que la garde d’honneur du Saint-Sacrement commençait Ă  peine Ă  s’Ă©branler.

A 10 h. 1/2 commence la messe pontificale. La Grotte comble, les enfants grimpĂ©s jusque sur les rochers, la messe des Anges fut chantĂ©e par toute la foule avec très grand recueillement et un grand ensemble. A l’Ă©vangile, le R. P. Danilo, gardien de la Grotte, fit le panĂ©gyrique de la Sainte et profita la première visite de Mgr Gaudel Ă  la grotte de sainte Madeleine pour rappeler au peuple la grande grâce qu’est au milieu de lui la prĂ©sence de l’EvĂŞque. Cette nombreuse assistance, malgrĂ© la pĂ©nurie des moyens de transport, prouvait combien le pèlerinage de sainte Marie Madeleine demeure cher au coeur des Provençaux. EspĂ©rons que d’annĂ©e en annĂ©e cet attachement aux traditions s’affirmera encore plus fort et plus que jamais et que, signe de temps nouveaux, il aidera grandement Ă  la renaissance religieuse de notre province.

L’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, les trois jours du « Grand Rassemblement de la Provence Ă  la Sainte Baume » avaient Ă©tĂ© couronnĂ©s par deux processions le 22 juillet, le matin et le soir, la dernière se concluant par une bĂ©nĂ©diction de la Provence depuis le parvis de la grotte avec le Très Saint Sacrement (Semaine Religieuse 1941, n° 33, 16 aoĂ»t, p. 266-268).

Ainsi les processions de la Sainte Baume consistaient-elles essentiellement en des montées à la grotte, souvent accompagnées du Très Saint Sacrement, conclues par une messe voire une bénédiction eucharistique. La vénération traditionnelle des reliques de la Sainte Baume supposait de rejoindre sainte Marie-Madeleine en ce haut lieu où elle se serait retirée dans la solitude, le silence et la contemplation.

Page du site général dédiée au Sanctuaire de la Sainte Baume

Bonus

Extrait de film amateur tiré d’un fonds privé de prêtre : vue d’un pèlerinage à la Sainte Baume probablement vers 1940-1950

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