Le 27 août dernier, l’Abbé Stéphane Morin a été très aimablement reçu à la Grand’Bastide par M. Jean-Loup Roca et sa famille pour échanger sur l’histoire de ce domaine viticole de la vallée de Sauvebonne et de ses éventuels liens avec la Castille. Notamment, la Grand’Bastide possède à l’instar de la Castille une double cave semi-enterrée quoique de dimensions apparemment plus modestes. Contrairement à celle de la Castille, que l’on peut désormais faire remonter aux années 1726-1731, cette cave de la Grand’Bastide n’est pas encore datée. Et il en est de même d’importants bâtiments « mixtes » à proximité dont les fonctions ont probablement changé au cours des siècles. Quoi qu’il en soit, la comparaison des bâtiments des deux domaines devrait permettre de mieux en comprendre le fonctionnement.
Mieux établis en l’état actuel de la recherche, que M. Roca a synthétisée pour sa famille dans un volumineux ouvrage, sont les rapports personnels entre les propriétaires des deux domaines. De milieu et d’intérêts communs, on pouvait supposer que ces familles se fréquentaient mais en l’occurrence, cette fréquentation a abouti en 1798 à un mariage entre Marie-Madeleine Aurran, fille de Jean-Louis Aurran, propriétaire de la Grand’Bastide et Maire de Hyères, avec Luc César Marie de Selle de la Castille. Cette Marie-Madeleine Aurran eut un rôle important dans l’histoire de la Castille à laquelle elle rattacha deux autres propriétés voisines avant de vendre l’ensemble entre 1829 et 1831 à Lazarine Bonnefoy Veuve Aubert, grand-mère de Frédéric Aubert qui cèdera avec la Castille au diocèse de Fréjus-Toulon en 1922. Si Marie-Madeleine Aurran n’était donc pas totalement étrangère à l’Abbé Morin, ses origines familiales avaient largement échappé à celui-ci. En conséquence, c’est tout un pan de l’histoire de la Castille qui s’éclaire, notamment pour la période de Selle (1734-1831), qui est jusqu’à présent la moins connue.
Ainsi cette première rencontre entre l’Archiviste du diocèse et les descendants de Jean-Louis Aurran à la Grand’Bastide annonce-t-elle d’intéressants approfondissements sur les grandes familles locales du XVIIIe au XXe, leurs relations et la gestion de leurs domaines.

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