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Monseigneur Guillibert et le Sacré-Coeur

En ce mois de juin du centenaire de la mort de Monseigneur Guillibert, les Archives diocésaines reviennent sur la dévotion au Sacré-Coeur de l’Evêque de Fréjus & Toulon. Celle-ci transparait dans le contexte de la première guerre mondiale, la foi enracinée de Monseigneur Guillibert ne pouvant se concevoir sans un amour profond de la France, dans ses grandeurs comme dans ses détresses.

Ainsi, Monseigneur Guillibert inscrit-il le diocèse à l’unisson de la dévotion nationale au Sacré-Coeur incarnée à l’époque par l’érection du Sacré-Coeur de Montmartre. Prévue le 17 octobre 1914, la consécration de celui-ci est suspendue suite au déclenchement de la première guerre mondiale. Suivant toutefois l’appel du Cardinal de Paris du 17 mai 1915, l’Evêque de Fréjus & Toulon prescrivit pour le 11 juin la consécration du diocèse au Sacré-Coeur en union avec la France entière. Précédée par un triduum eucharistique partout où cela était possible, cette consécration eut lieu dans toutes les églises publiques ou semi-publiques où fut lut solennellement, devant le Saint-Sacrement, avant le Tamtum ergo du Salut, l’amende honorable et l’acte de consécration, dont la formule approuvée par les Cardinaux français, accompagnait l’ordonnance de Monseigneur Guillibert.

L’année suivante, Monseigneur Guillibert entendit prolonger cette consécration diocésaine en encourageant durant le Carême 1916 la consécration des familles au Sacré-Coeur, la dévotion personnelle contribuant à la sanctification et la prospérité de la société : « N’aurions-nous pas à faire quelque chose de plus pour nous rendre le ciel favorable et hâter le retour complet de la France à la religion et à la prospérité durable ? »

Voyant dans la victoire un fruit de la large consécration des armées françaises au Sacré-Coeur par leurs officiers catholiques, l’Evêque de Fréjus & Toulon s’exclama à l’occasion de la fête du Sacré-Coeur 1919 « le Sacré-Coeur de Jésus, c’est toujours le Dieu de Clotilde ! ». S’inspirant de Léon XIII, Monseigneur Guillibert désignait le Sacré-Coeur comme « le Labarum des derniers temps, comme le signe céleste qui illumina le grand Constantin et décida de la conversion de l’empire romain au IVe siècle ». En le Sacré-Coeur, le vénérable évêque plaçait ainsi toute son espérance dans le retour de la France à la fidélité de son baptême. Cependant, s’il encourageait partout où c’était possible les manifestations extérieures d’action de grâces au Sacré-Coeur, il rappelait que l’essentiel était « l’hommage sincère des coeurs purifiés s’exprimant dans la communion eucharistique et le chant des offices sacrés ».

Tout naturellement, le 19 octobre 1919, l’Evêque de Fréjus & Toulon associait son diocèse à la consécration du Sacré-Coeur de Montmartre, renouvelant solennellement dans les églises varoises l’amende honorable et l’acte de consécration proclamés le même jour dans la Basilique du Voeu national.

Statue du Sacré-Coeur dans le parc de la Castille, installé et béni en 1933, disparu probablement vers 1960-70

 

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